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La citation du « mercredi »

« Au détour d’une promenade, je me suis assis sur un banc, à l’abri du tilleul. Et je me suis mis à compter les pigeons, une drôle d’habitude que j’ai pris depuis que je suis là. C’est pas plus con qu’autre chose, si? Elle s’est assise à côté de moi. Je ne lui ai pas porté attention, trop occupé avec mes pigeons. Et puis elle m’a regardé et m’a demandé combien j’en avais compté. Tout penaud et surpris que j’étais à me rendre compte que je n’étais pas le seul à faire ça. On avait tous les deux le même résultat. Et elle est repartie, toute frêle dans sa robe à fleurs. On s’est revu quelques jours plus tard. Elle m’a dit s’appeler Margueritte, avec deux «t». Elle avait un livre entre les mains, chose que je n’ai jamais tenu non pas que cela ne m’intéresse pas mais j’ai un peu de mal à saisir tout le sens des mots mis bout à bout. Il faut dire que j’ai jamais réussi à l’école et que j’étais le premier pour faire l’école buissonnière. Ma mère s’en foutait royalement et pour ce qui est de mon père, à part, culbuter ma mère pour me faire, c’est à peu près la seule image que je retiens de lui. de fil en aiguille, on a commencé à discuter et elle m’a proposé de me faire la lecture, parce qu’elle aime beaucoup lire pour les autres. Elle avait avec elle «La peste» et moi, cette histoire de rats, ça m’a subjugué dès le début… Je sens qu’il va me plaire ce livre…
Ha oui, que je vous dise aussi: moi, c’est Germain… »

« La tête en friche »  Marie-Sabine Roger

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